Archives Mensuelles: septembre 2012

La Baronne et les glands

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Voici la lettre ronde de Madame La Baronne, reçue hier.

Dans son paquet,  d’étranges choses colorées, les preuves effectivement, que rien n’a tourné rond dans la forêt où Escarmouche s’est volatilisé tout l’été.

Il y eut les haricots géants, des moines encagoulés, des gardes barrières agressifs dans leur costume plastique, des bananes volantes sur les plages. Mais pour les glands nous ne savions pas.

Oui car voyez, dans ledit courrier….Un paquet de glands inoffensifs, pourrait-on croire.

Mais non. Cela ne se peut !

Dans la forêt aux folles pensées, la nature s’est renversée sur le côté dans de grands pots de couleurs.

La Baronne savait, sans doute une indiscrétion de Bonaparte le détective, que j’avais connu dans mes années périlleuses, un botaniste de renom, Elvis J.  grand spécialiste des opiacés de la forêt amazonienne. Cet animal y vit toujours, le plus souvent dans les airs.

Je tombais bien, il avait fait une chute et ne savait plus comment retrouver ses esprits.

La forêt profonde où Escarmouche a perdu la tête, il la connait, il en a fait un mémoire de fin d’études il y a 142 ans. Oui, chez les botanistes de son espèce, se nourrissant d’herbes et de graines mystérieuses, les années passent comme des printemps. Pas d’hiver.

Je n’ai donc eu aucun mal à lui proposer une petite analyse des glands maudits.

Il s’y est jeté à nez perdu, ses yeux roulaient comme des marrons dans la tempête. Je suis devenue un peu inquiète.

Voilà Elvis en transe tel un chaman.

Je vois Escarmouche. Grommelle-t-il d’une voix d’outre tombe.

Il est entré dans une grotte, la grotte de l’arc-en-ciel.

Ah ? Mais c’est où ça ?

-Et bien nul ne le sait vraiment, c’est une vision créé par l’indigestion de glands magiques.

-Bon mais ça va durer combien de temps ?

-On ne peut en ressortir qu’aux grandes pluies doublées d’une éclipse de soleil, me précise-t-il. Mais moi je n’ai plus de calendrier ici. Alors c’est tout ce que je peux en dire. Et vos glands, là, je vais les garder. Si Escarmouche ne revient pas, je pourrais tenter une mission exploratrice. Cela me dégourdirait le mental qui s’humidifie trop ici. 

Nous avons bu un thé de maripassoulis, ces petits grains noirs et rouges au goût très fort. Moitié anis, moitié radis fumé. Inutile de vous dire que c’était un stratagème à la Elvis J., et que dans les minutes suivantes je me suis endormie comme un bébé.

Quand je me suis réveillée j’étais chez moi, 48 heures avaient passées, et je n’avais plus ni courrier ni glands magiques dans mon sac. 

Et bien…sommes nous plus avancés ?

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Aïe, aïe ….

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Oui, aï, aïe, aïe… à la sortie de la forêt des haricots géants Escarmouche et encore tombé sur un pote au señor Camarones, non pas qu’il ait eu peur car il commence à les connaître les amis du señor, plus flamboyants qu’efficaces (il suffit de jeter un coup d’oeil à la monture du bonhomme). Non, c’est juste signe de complications inutiles…